Femme Africaine

Coup de gueule D’Ashantewa Kadja Diallo sur les maux dont souffrent la femme africaine

Elle est Ashantewa Kadja Diallo, élève au groupe scolaire Ibrahima sory Touré. Membre fondatrice du club ELLES. Dans une note adressée à notre rédaction ce vendredi, elle ressort les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes africaines. «être une fille africaine c’est naitre esclave du regard de la société

Etre une fille dans notre société Africaine.

Etre une fille africaine devrait être égale à être une fille tout court ! Mais malheureusement, être une fille africaine c’est naitre esclave du regard de la société ! Car dès les premiers éclats de lumière on devient le bouc émissaire, la cause de tous les maux, de tous les problèmes.

Et pour éviter que la fille africaine soit facile à dompter sans qu’elle ne pose des questions, notre société, reine de la discrimination au féminin, refuse l’éducation à la gente féminine ; Alors automatiquement la scolarisation qui est à l’origine un droit pour tous, devient un privilège pour lequel elles doivent se battre bec et ongles.

Etre une fille africaine c’est se méfier à huit ans lorsqu’on voit grand-mère et tantine chuchotées dans leur coin. Car à cet instant, on sait au plus profond de son âme qu’on n’échappera pas à la traditionnelle mutilation génitale communément appelé excision.

Oh cette douloureuse pratique qui consiste à l’ablation d’une partie de la féminité dans le but d’arracher à la femme son droit à l’épanouissement sexuel mais aussi de s’assurer qu’elle garde sa « fleur » source d’honneur intact.

Etre une fille africaine, c’est espéré qu’à douze ans dès l’apparition de nos premières menstrues on ne sera pas forcée à s’unir au premier pédophile déguisé qui se pointe à l’horizon. Car oui en Afrique le mariage précoce est toujours d’actualité malgré la modernisation balancée à gauche et à droite.

En dépit de toutes les fâcheuses conséquences que cela apporte dans la vie de ces filles victimes à qui on vol l’enfance. Mais aussi leurs droits les plus primitifs sont bafoués et tout cela parce qu’elles ont eu le malheur d’être née fille en Afrique.
Etre une fille africaine c’est être privé de liberté car on n’a pas pris la peine d’apprendre au sexe opposé la différence entre consentir et refuser.

Conséquence, plus d’une fille-femme sur trois subit des violences sexuelles au cours de sa vie. Et pire, l’agresseur n’est jamais tenu fautif parce que pour la société Africaine une fille violée l’a forcément cherchée de par ses vêtements, sa démarche ou dans le meilleur des cas, l’agressée est réduite au silence par sa famille pour soit disant garder l’honneur de la famille pur.

Dans tous les cas justice n’est guère rendue et la pauvre violenté doit à jamais vivre avec la peur d’une récidive de son pire cauchemar. Combien de filles africaines vivent avec ce mal dans la peau ?

Il est plus que temps que la fille Africaine revendique la place qui est la sienne et vive pleinement sa féminité. Car la force que possède l’africaine n’a point d’égale, son courage surpasse le plus haut des sommets et sa vaillance ferait rêver Achille lui-même. C’est pourquoi nous devons nous battre pour récupérer ce qui nous a été volé.

Ashantewa Kadja Diallo

Société

Deux jeunes filles adressent une lettre ouverte au gouvernement pour la réouverture forcée des mosquées

Lettre ouverte au gouvernement de la république de Guinée

Chers Gouvernement,
Compte tenu de la situation sanitaire actuelle aussi bien dans notre pays qu’au niveau mondial, nous souhaiterions par la présente lettre attirer votre attention sur la question de fermeture des mosquées et proposer une piste de solution.
En effet, le covid-19 a endeuillé des milliers de familles dans le monde entier et a bouleversé toutes les habitudes. La Guinée n’est pas en reste.

Mosquées fermées, pèlerinages annulés, rassemblements suspendus, lieux de loisir fermés… On ne s’en plaint pas ! Qui pourrait s’en plaindre quand on sait que c’est l’une des meilleures décisions prise par les autorités Guinéennes.
Rester à la maison autant que possible pour limiter la propagation du virus est un mal nécessaire.

Cependant, hier mercredi 13 mai, nous avons assisté impuissant à des scènes surréalistes. Des citoyens sont descendus dans la rue pour rouvrir les mosquées, fermées depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 en Guinée.

A en croire aux informations relayées par la presses, certains témoins disent s’en remettre à Dieu. Ils disent préférer mourir en priant que vivre sans prier !
Depuis hier nous tournons et retournons l’acte posé par nos concitoyens, nous ne comprenons pas comment on a pu en arriver là.

Qu’est ce qui n’a pas marché ? N’ont-ils pas reçu suffisamment d’informations sur les ravages du COVID-19 de par le monde ? Pourquoi prendre le risque de nous livrer à la MALADIE ?
L’autorité de l’état est clairement bafouée ! C’est de la désobéissance civile ! Pas besoin d’être plus grand pour s’en rendre compte.

Pour nous il n’y a pas l’ombre d’un doute, le gouvernement doit rouvrir les mosquées pour deux raisons!
La prière est un facteur de bonheur divin de protection et cela implique la situation actuelle. Pour une population à majorité musulmane avec un taux d’analphabétisme élevé, acceptons une prière qui visera à demander de l’aide au miséricorde concernant cette pandémie meurtrière et surtout le message de la dangerosité du COVID-19 doit être porté par les guides religieux pour limiter la casse.

Nous ne sommes pas expertes en la matière, nous n’en avons pas la prétention, mais nous pensons que le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour permettre aux fidèles musulmans d’entrer en contact avec la parole de Dieu par ces temps d’intense prières. Au moins pour ces derniers jours du mois de ramadan.

Que l’ANSS forme les imams pour qu’ils prêchent pendant ces 5 jours la nécessité du respect des mesures barrières et sur l’acceptation de rester à la maison autant que possible.
Ne nous dites pas que c’est impossible !

Port correct de masques, maximum de kits sanitaires et présence imposante des forces de l’ordre dans toutes mosquées pour faire respecter les 1m de distance et faire passer les amandes au besoin ; Ça devient possible !

Espérant que cette lettre s’affichera sous les bons yeux, recevez cher Gouvernement nos vives félicitations et encouragements pour la lutte acharnée engagée contre le Covid-19.

Signée deux adolescentes inquiètes
Fatima Mankona Koïvogui & Halimatou Alim Diallo
Elève en 10eme D Sainte Marie
Membres fondatrices du club ELLES

Alsény Aye Soumah